Salvador Dali's paintings Page 1/1
Click title to enlarge
SALVADOR DALI AND BOCKLIN'S ISLE OF THE DEAD
Rêverie Port-Ligat, 17 octobre 1931, 3 heures de l'après-midi. Je viens de finir de manger et vais aller m'allonger sur un divan, comme je dois le faire chaque jour pendant une heure et demie, après quoi, tout le reste de l'après-midi, je compte écrire une partie d'une très longue étude sur Boecklin, étude qui me préoccupe beaucoup depuis quelques temps. Aussi, je veux profiter de ce repos pour réfléchir sur certains points qui me paraissent particulièrement contradictoires, par exemple et surtout l'antagonisme entre le sentiment de la mort et le manque absolu de trouble quant aux notions spatiales, si frappant chez ce peintre. Je me persuade de prendre quelques notes pendant mon repos. (...) Aussitôt l'erection cède à une très légère envie d'uriner, qui suffit, malgrè sa quasi-imperceptibilité, à rendre inutiles tous mes efforts de réflexion sur la frontalité dans "l'Ile des Morts".(...) J'essaie de me représenter le plus nettement possible, le fameux tableau de "l'Ile des Morts". Maintenant je trouve léger d'avoir cru au manque total de troubles spatiaux chez ce peintre et surtout dans "l'Ile des Morts". Mon erreur résidait dans la limitation faite, en réduisant grossièrement l'idée de troubles spaciaux aux seuls troubles de la perspective. Le même sens de la frontalité qui m'avait frappé, au début, dans ce tableau, accuse une "dominante" spatiale bien caractérisée.(...) Ici commence la rêverie (...) Maintenant, j'ai transporté l'étang à la partie postérieure de la maison, de sorte qu'il puisse être vu de la salle à manger, en même temps que les ciels de nuages et d'orage boeckliniens, que je me rappelais avoir contemplés de cet endroit, d'où l'on domine un horizon très vaste et dégagé. (...)
S.Dali, in Le surréalisme au service de la révolution n°4, 1931
"J'imagine l'intérieur minutieux de terreurs du "déjà vu" de l'Ile des morts du grand Böcklin", S.Dali, exhibition catalogue, Gallery François Petit, Paris, november 1977
Numbers of the paintings in this period 1931-34 contain cypress, isolated or grouped, with Böcklin's clouds... "Ce petit, grand et authentique fantôme de nourrice reste là, immobile, pendant que dans le paysage où il se mouille, surgit, entre le cyprès boeklinien et le nuage d'orage boecklinien, le "spectre irisé" plus beau et terrifiant que la truffe blanche de la mort: l'ac-en-ciel." S.Dali, in Les nouvelles couleurs du sex-appeal spectral, Le Minotaure n°5, 1934.
| |